Madame Raykova,
En cette triste journée du onze janvier 2008, j'ai malheureusement pris part à un évènement qui n'a pas été accepté par la totalité des êtres humains
présents dans le local D307, au Collège de Montréal. Le groupe 303 dont je fais partie a organisé des festivités, plus connues sous le nom de Flash Mobs, impliquant une pression soudaine entre les deux extrémités que tout être humain (excepté quelques rares handicapés physiques) possède à la hauteur des bras, ainsi que l'utilisation combinée du larynx d'un nombre indéfini de vivants dans le seul et unique objectif d'égayer l'ennuyant et silencieux local dans lequel nous somnolions en attendant l'heure fatidique. Pourquoi tout ce chahut? Pourquoi ce déferlement d'énergie soudain, ce défoulement de toute la classe à l'unisson? Il n'y a pas et il n'y aura jamais de réponse
précise à ce mystère que tous les professeurs tentent de percer. Cependant, j'ai établi une hypothèse dont je souhaite vous faire part. En réalité, c'est tout simplement parce qu'un cours calme, où nous entendrions une mouche voler et une bicyclette rouler sur la rue Sherbrooke, barbant, rempli de prises de notes et où nous obéirions sans complications ne nous intéresse pas le moins du monde. Y a-t-il une solution à ce dilemme? À mon avis, nous avons besoin de plus de cours d'éducation physique pour nous défouler entre les cours de mathématiques et pour libérer notre énergie au lieu de déborder dans des lieux inappropriés, comme le local où nous avons testé votre patience et votre technique, que je trouve franchement pas terrible.
Mais le problème ne provient pas uniquement des élèves. Plusieurs autres facteurs ont influencé ce terrible évènement, et ces facteurs mènent à d'autres questions sans réponse, certaines d'entre elles ayant un certain lien avec l'intolérance dans le monde, qui est d'ailleurs le sujet de la production écrite que nous avons écrite voilà quelques jours en cours de Français afin de nous pratiquer dans le domaine des textes explicatifs. Mais passons plutôt au vif du sujet. Pourquoi corriger uniquement la partie la mieux réussie d'un devoir? Pourquoi ignorer les multiples requêtes transmises par la majorité des élèves? Pourquoi bannir la liberté d'expression dans le local D307? Pourquoi nous empêcher de rire, ce même rire dont plusieurs études scientifiques ont prouvé l'aide qu'il nous apporte dans le domaine de la santé ainsi que des loisirs? Vous ne pouvez point nous forcer à garder nos orifices buccaux scellés durant une heure et quart pendant que nos poignets s'activent et essaient de suivre le rythme de vos paroles. Le rire est impossible à contrôler et il suffit d'un rien pour que cette épidémie se propage à travers un local, voire une école toute entière si celui-ci est assez puissant pour que les classes
présentes à proximités soient infectées de ce mal si irrésistible. Nous n'avons absolument rien contre vous, madame Raykova. Mais vous désirez que nous nous comportions comme des adultes matures au lieu d'adolescents de quatorze ou quinze ans. De plus, la majorité des élèves
présents dans ce groupe sont relativement immatures et sportifs, ce qui n'arrange pas les choses bien au contraire. Finalement, vous ne pouvez rien pour ou contre nous, excepté attendre que nous nous développions et ne pas attendre une trop grande discipline de notre part.
Veuillez agréer l'expression de mes sentiments distingués,
Lump Rare Haze.